Réalisation cinéma : un an à l'IAD (Institut des arts de diffusion)

Après l'obtention de mon diplôme de secondaires (1992), l'écriture et la mise en scène de mon premier spectacle, je suis plus que jamais convaincu de me destiner à une carrière artistique. Fan de cinéma, je tente ma chance à l'IAD. Je réussirai l'examen d'entrée et puis...

C'est autant avec l'angoisse (de ne pas être pris) que l'enthousiasme (de quelqu'un qui espère pouvoir réaliser le rêve de sa vie) que je tente ma chance à l'IAD après mes études secondaires et une première expérience de metteur en scène avec le Festival BABEL (organisé par l'ASBL Tremplins).

Je déborde d'imagination et ma manière de regarder les films se penche déjà sur le "comment c'est fait", mais contrairement à d'autres élèves que je rencontre durant les multiples épreuves, je suis pauvre en références cinématographiques. Davantage fan de films américains que de films français, de films d'actions que de films d'auteurs, je n'ai pas vu ou presque le moindre film étranger, voire peut-être pas le moindre film belge. Je ne sais pas qui est Jaco Van Dormael, John Cassavetes, Orson Welles, Fellini, je n'ai pas vu un Truffaut, ni un Godard... Le seul réalisateur au traitement original que je connaisse doit être David Lynch.

Je suppose donc que c'est mon énergie, mon imagination, ma (maigre) pratique de metteur en scène qui ont attiré mon attention sur les détails des films que j'ai appréciés (Batman Returns, Bettlejuice, Fisherking, Apocalypse Now, etc.) qui me permet de me lancer dans un long débat avec le directeur d'acteur DUMORTIER et qui donne finalement au collège de professeurs l'impression que je suis le bienvenu dans cette première année.

Une année qui sera aussi éprouvante qu'enrichissante. Mon accroche avec la variété des cours est en effet très inégale.

Je dévore le cours d'histoire du cinéma de POLET (et pour cause je n'y connaissais rien), j'adore les échanges littéraires que nous avons avec le romancier Paul EMONT (qui me fait découvrir Kafka, Borgès et Cervantes), je me passionne pour les divers travaux pratiques à réaliser, même si je m'aperçois peu à peu que je ne suis pas très manuel et que les logiques des réglages nécessaires aux outils d'enregistrements ou de montage me perdent et pour tout dire m'ennuient. Même si je réussirai les cours de théories et d'exercices mettant en scène de la physique, j'avoue qu'ils ne me laisseront pas un sentiment impérissable.

Je ressors néanmoins de cette année avec la capacité à écrire un scénario, à faire un plan de découpage, à organiser un tournage et à maitriser une série de notions permettant un montage dynamique et efficace (gestion des sautes d'axes, jeu avec différentes tailles et types de plans, etc.).

Point de vue culture cinématographique et ouverture, je dois aussi beaucoup aux autres élèves de ma classe, je pense par exemple à Elie Rabinovitch et à l'intérêt qu'il a su susciter chez moi pour l'univers de réalisateurs dont je n'aurais jamais visionné les films sans lui.

(Photo à droite : extrait de mon court métrage "PANG!") IADPang_.jpg

Cette aventure s'est enfin arrêtée assez abruptement moi, puisque sans que l'on m'ait jamais clairement expliqué pourquoi je n'ai pas été sélectionné parmi les 12 élèves sur 40 qui pouvaient poursuivre cette formation. Si je comprend qu'il est de toute manière difficile d'expliquer ses choix artistiques à des élèves, je regrette en tout cas qu'il ait été impossible (et qu'il ne soit pas prévu) que l'un ou l'autre professeur avec qui j'avais établi un lien durant cette année, ne motive cette fin de non recevoir, ne donne un conseil de réorientation, etc. Avec le recul, j'ai donc du donner seul un sens à cette mystérieuse fin.

Soit. Après un voyage dépaysant, je suis passé à autre chose et revenu à mes premiers amours : le théâtre.

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