Mise en scène et écriture : "Bétyle" ou tranches de vie et portraits dans une maison close

De 1993 à 1995, parallèlement à ma formation théâtrale, je m'adonne à des stages d'écriture avec Eric Durnez et Veronika Mabardi (dramaturges rencontrés durant le festival Babel). L'un des exercices de ces stages nous poussa à écrire des scènes à partir d'objets humanisés. J'avais choisi une cassette audio qu'on passe et qu'on repasse sans lui demander son avis jusqu'à ce qu'elle soit illisible, démagnétisée. Humaniser l'objet m'avait amené à écrire les relations et les sentiments d'une prostituée. Suite à l'écriture de quelques scènes sur cette même thématique, je me retrouvais à la tête d'une nouvelle pièce de théâtre. Une galerie de portraits ambivalents que les participants de l'atelier eurent envie d'interpréter... Tout est là pour qu'une seconde mise en scène se mette en place.

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Un bétyle est une pierre sacrée (...) vénérée comme une idole dans le monde arabe et sémitique. (...) Les bétyles sont des pierres considérées comme des « demeures divines » par les peuples anciens. Dans le récit de la Genèse, le nom de Beith-el est également donné à la pierre de Jacob, (...) lieu même où il avait eu sa vision pendant que sa tête reposait sur la pierre. (Wikipédia)

Si je choisis "Bétyle" pour titre à cette nouvelle pièce et à cette maison de passe, lieu central de l'action, c'est que les histoires qui s'y déploient donne à penser un "bordel mystique", lieu de tolérance, de retraite, d'asile. L'histoire mets ainsi en scène des personnages tantôt attachants, tantôt pathétiques, tantôt magnifiques et mystérieux qui évoquent des tranches de vie et des facettes coupables ou honteuses d'eux-mêmes où la sexualité - si elle est évoquée ou suggérée - est finalement loin d'être l'élément essentiel. Le Bétyle se veut donc un espace "au bord de la société" où les individus peuvent évoquer et parfois tenter de transcender des facettes sombres ou douloureuses.

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Dans ce nouveau spectacle, j'ai l'occasion de tenter de mettre en pratique les outils de mise en scène que je suis en train d'apprendre à Lassaad. J'ai ainsi essayé de m'appuyer sur la choeur de la tragédie grecque, les bouffonneries médiévales et les films de David Lynch pour donner - au delà de la galerie de portraits que permettait un tel thème - un caractère sacré et mystérieux au lieu qui recevait tout ces aveux et ces parcours initiatiques.

Toujours emprunt d'un style très directif dans ma mise en scène, je commence mais encore à la marge, à laisser mes acteurs proposer différentes interprétations de mes scènes et personnages. Mais j'ai encore du travail à faire pour vraiment être capable de m'appuyer sur les ressources de mes acteurs et a lâcher l'habitude de vouloir coller à l'image que j'ai en tête.

Par contre, m'étant approprié différents exercices permettant de développer le potentiel des acteurs, je me découvre une fibre pédagogique et structure mes répétitions avec un premier temps dédié à toute une série d'expérimentations indépendantes des scènes de la pièce, et ce, afin d'enrichir le jeu des acteurs de la troupe.

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Commentaires

1. Le vendredi, janvier 4 2019, 09:00 par quincaillerie pour le verre

j'adore merci pour le poste

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